La Lune et le Funambule - Poésie de Sandy GILSON

LA LUNE ET LE FUNAMBULE

Au milieu d'un arc-en-ciel
Le funambule traverse les nuages
Volant aussi haut que les oiseaux
Passant au-dessus des grands arbres
Survolant des rivages et des mers
Souple et léger il danse
Dans son costume à paillettes
Puis monte à l'échelle de soie
Qui mène au croissant de lune
Pour s'y installer
La lune dans sa robe scintillante
Lui tend la main en souriant.
Ils s'embrassent et se racontent
Mille secrets à l'oreille.
Les étoiles clignotent en se lançant
Des clins d'½il complices
Tandis que sur la terre
Un ver luisant et une luciole enlacés
Leur jettent un regard extasié
Et qu'une fleur de la nuit
Sourit à un papillon gris
Qui a pris sa harpe et joue
Pour sa belle, joue contre joue.


Sandy GILSON
Poète et artiste peintre
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# Posté le mercredi 03 octobre 2007 04:54

Les petites vendeuses - Poésie de Corine LE PONNER

LES PETITES VENDEUSES

Le matin elles arrivent pour poser
Leur rouge à lèvres sur les tasses de café
Le garçon les sermonne
Mais tant pis, elles sont bonnes !

Les cheveux encore mouillés
Elles viennent de se laver
Elles portent de belles toilettes,
Pour les clients, elles s'apprêtent

Les petites vendeuses
P'tites allumeuses
Les petites vendeuses.

Puis, peu après l'ouverture
Elles sortent sur la devanture
Pour leur première cigarette
Et elles sont enfin prêtes.

Elles captent en un regard
Les acheteurs hagards
La parole et l'écoute faciles
Tout va bien, on est gracile.

Les petites vendeuses
Petites voleuses
Les petites vendeuses.

Parfois dans le cou, en plein jour,
On voit des traces de nuit d'amour,
Car le soir, après avoir été vendeuses,
Elles redeviennent amoureuses.

Les petites vendeuses
Les petites vendeuses
Les petites vendeuses.



Corinne LE PONNER
Impro de juin 2007
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# Posté le mercredi 03 octobre 2007 04:56

Pour une seule pluie - poésie de Philippe CHIRON

POUR UNE SEULE PLUIE

Le visage inondé de lueurs
Et les mains tendues vers l'azur
Je me suis inquiété des monts dévastés
Ainsi que des rivières noires.
Il n'y avait plus de nuages
Simplement de grands souffles
Qui balayaient cette terre
Comme de fracassantes
Vagues incessantes
Rongeant les rives et les falaises
Ces pluies interminables effrayaient
Nos oiseaux.
Nous passions.
Un tramway de fourmis trempées d'encre violette
Se débattaient dans nos cheveux.
L'interminable croyance de dieux devenus fous
S'étendait sur notre pauvre monde.

La furie des pluies ....
Alors
Je me suis levé
Pour fermer les écoutilles

Philippe CHIRON
(juin 2001)
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# Posté le mercredi 03 octobre 2007 04:58

Quand la ville s'abandonne - Poésie de Raymonde Ferrandi

Quand la ville s'abandonne
Douce comme une madone
On traîne aux tables éclairées
Des soirs d'été
On est assis entre voisins
Les habitants deviennent des cousins
La rue n'est plus zébrée
De voitures enragées
On entend la nuit qui parle
Entre les murs encore pâles
A découvert
A ciel ouvert

Raymonde Ferrandi
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# Posté le mercredi 03 octobre 2007 04:59

Tête de femmes - poésie de Béatrice BELLAT

TETE DE FEMMES

Elle vous regarde d'un air langoureux
Ou fronce des sourcils avec sérieux
Elle peut regarder partout
Et poursuivre le visiteur
Dans les coins les plus obscurs
D'une salle à trois francs six sous :
Elle le met sans dessus dessous .

Têtes de femmes fleurs
Qui s'épanouissent en plein c½ur
D'un paysage de campagne crépusculaire
Femmes couronnées ou légendaires
Emportant avec elles le mystère
Ignoré de leur splendeur.

Têtes de femmes clowns
Aux yeux exagérément fardés
A la bouche pulpeuse
Et au teint de craie.

Tête de femme éternelle
Aux yeux clos apaisés
De profil ou de face
A la réalité charnelle
Pleine de sagesse cruelle,

Reflet d'ELLE.



Béatrice BELLAT
(impro du 4 novembre 2006)
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# Posté le mercredi 03 octobre 2007 05:00